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Éthique et politique (+- 1851) |
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Gobineau [Joseph-Arthur de], dans son livre sur les Races humaines, a nommé l'homme "l'animal méchant par excellence", […] |
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Parfois sans raison apparente, des scènes depuis longtemps oubliées, nous reviennent, soudainement et vivement, en mémoire. Cela peut venir, en beaucoup de cas, de ce que nous aurions senti, maintenant comme jadis, une légère odeur à peine perceptible. Les odeurs, on le sait, éveillent avec une facilité toute particulière le souvenir, et le nexus idearum n'a besoin en toute occasion que d'une incitation très faible. Soit dit en passant, l'œil est le sens de l'intelligence, l'oreille le sens de la raison, et l'odorat le sens de la mémoire, comme nous le voyons ici. Le toucher et le goût sont des réalistes attachés au contact, sans côté idéal. |
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Le courage peut se ramener au fait que l'on affronte volontairement des maux qui nous menacent dans le moment présent, pour éviter des maux futurs plus grands ; tandis que la lâcheté fait l'opposé. Le courage est donc le caractère de la patience, qui consiste à percevoir clairement qu'il y a de plus grands maux encore que les maux présents, et qu'on pourrait se les attirer en s'y dérobant ou en se défendant violemment contre eux. |
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Une constitution civile qui incarnerait seulement le droit abstrait, serait excellente pour d'autres êtres que les hommes. Mais puisque, pour la plupart, ceux-ci sont profondément égoïstes, injustes, inconsidérés, menteurs, parfois même méchants et d'une intelligence médiocre, il s'ensuit la nécessité d'un pouvoir concentré en un seul homme, au-dessus même de la loi et du droit, absolument irresponsable, et devant lequel tout se courbe, dont le détenteur soit considéré comme un être d'essence supérieure, comme un maître par la grâce de Dieu. C'est seulement ainsi que l'humanité se laisse brider et conduire. |
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[…] c'est le jury qui amènera tout d'abord ce résultat. Cette institution, née dans la période la plus barbare du moyen âge anglais, au temps du roi Alfred le Grand, alors que la connaissance de la lecture et de l'écriture exemptait encore un homme de la peine de mort, est la pire de toutes les procédures criminelles. Au lieu de juges savants et expérimentés, qui ont vieillis à démêler journellement les mensonges et les ruses des assassins, voleurs et coquins de toute espèce, et sont ainsi capables d'aller au fond des choses, nous voyons siéger des petits bourgeois ; c'est leur lourde et grossière intelligence, sans culture, pas même capable d'une attention soutenue, qui est appelée à démêler la vérité du tissu décevant de l'apparence et de l'erreur. Tout le temps, de plus, ils songent à leur drap et à leur cuir, aspirent à rentrer chez eux, et n'ont absolument aucune notion claire de la différence entre la probabilité et la certitude. Ils placent plutôt dans leurs têtes stupides une sorte de calcul des probabilités d'après laquelle ils condamnent autrui. |
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Tout ce qui est originel, et par conséquent authentique dans l'homme, agit comme tel, de même que les forces naturelles, inconsciemment. Ce qui a pénétré par la conscience y est devenu une représentation ; par suite, la manifestation de cette conscience est en une certaine mesure la communication d'une représentation. En conséquence, toutes les qualités vraies et éprouvées du caractère et de l'esprit sont originellement inconscientes, et ce n'est que comme telles qu'elles produisent une profonde impression. Sous ce rapport, tout ce qui est conscient, est déjà corrigé et voulu, dégénère par conséquent déjà en affection, c'est-à-dire est une tromperie. Ce que l'homme accomplit inconsciemment ne lui coûte aucune peine, et aucune peine ne peut y suppléer. C'est là le caractère des conceptions originelles qui constituent le fond et le noyau de toutes les créations véritables. Voilà pourquoi ce qui est inné est seul authentique et valable. Ceux qui veulent faire quelque chose doivent, en tout ordre d'idées, action, littérature, art, suivre les règles sans les connaître.
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